GOUVERNANCE MINIERE EN GUINEE QUELLE PLACE POUR LES FEMMES DANS LE DIALOGUE COMMUNAUTAIRE : LE CONSORTIUM C-DEV, ÉVALUE LES CADRES DE CONCERTATION DANS QUATRE (4) PRÉFECTURES MINIÈRES
De Siguirini à Beyla, en passant par Kouroussa et Kérouané, une mission de terrain a été conduite du 1er au 10 octobre 2026 afin d’évaluer le fonctionnement des cadres de concertation communautaires et de promouvoir une meilleure participation des femmes à la gouvernance minière.
Dans le cadre du Projet de Gestion des Ressources Naturelles, Mines et Environnement (PGRNME), un consortium composé de six ONG (C-DEV, GRADEL, RAJGUI, le Cadre Genre et Mines, MERCOM et RENOFF) a réalisé une mission d’état des lieux de l’organisation, de la structuration et du fonctionnement des cadres de concertation communautaires dans quatre préfectures minières de Guinée : Siguirini, Kouroussa, Kérouané et Beyla.
Cette initiative vise à renforcer le dialogue entre les communautés, les autorités locales, les organisations de la société civile et les entreprises minières, tout en accordant une attention particulière à la participation des femmes et des jeunes aux mécanismes de concertation et de prise de décision.
Des cadres de concertation au service du dialogue communautaire
La Guinée dispose d’importantes ressources minières qui contribuent à son développement économique. Toutefois, les communautés riveraines des projets miniers restent confrontées à des défis sociaux, économiques et environnementaux. Les incompréhensions relatives aux responsabilités des différents acteurs et aux retombées de l’exploitation minière peuvent notamment alimenter des tensions entre les communautés et les entreprises.
Dans ce contexte, les cadres de concertation constituent des espaces essentiels de dialogue, de partage d’informations, d’expression des préoccupations communautaires et de recherche de solutions concertées.
La mission avait pour objectif principal d’évaluer leur fonctionnement, d’identifier les acquis, les difficultés et les besoins d’accompagnement, puis de dégager des pistes d’action pour leur redynamisation.

La participation des femmes, un enjeu central de la gouvernance minière
Au-delà du diagnostic organisationnel, la mission a accordé une attention particulière à la place des femmes dans les cadres de concertation communautaires.
Dans les zones minières, les femmes sont directement ou indirectement concernées par les transformations économiques, sociales et environnementales liées aux activités extractives. Pourtant, leurs préoccupations et leurs propositions ne sont pas toujours suffisamment prises en compte dans les espaces de dialogue et de décision.
Le renforcement de leur participation constitue donc un levier essentiel pour promouvoir une gouvernance minière plus inclusive et mieux adaptée aux besoins des communautés.
Il apparaît ainsi nécessaire de favoriser une meilleure représentation des femmes dans les instances de concertation, de renforcer leur leadership et de créer les conditions permettant une prise en compte effective de leurs préoccupations dans les décisions relatives au développement local.
L’implication des femmes leaders, des groupements féminins et des représentantes des structures locales constitue, à cet égard, un facteur important pour promouvoir une gouvernance plus équitable et participative.
La Convention de développement local : un outil à mieux faire connaître
La mission s’inscrit également dans une dynamique de vulgarisation de la Convention de développement local (CDL), prévue par le Code minier guinéen et destinée à encadrer les engagements entre les entreprises minières et les collectivités concernées.
Une meilleure connaissance de cet instrument par les communautés est essentielle pour favoriser la compréhension des responsabilités des différentes parties, des engagements pris et des mécanismes de contribution au développement local.
La vulgarisation de la CDL constitue ainsi un axe complémentaire à la redynamisation des cadres de concertation. Elle peut contribuer à améliorer l’accès des communautés à l’information, à faciliter le dialogue avec les entreprises minières et à prévenir certaines incompréhensions.
Vers un plan concerté de renforcement des capacités et de redynamisation
Les informations recueillies au cours de la mission constituent une base de travail pour identifier les besoins prioritaires et proposer des mesures adaptées aux réalités de chaque préfecture.
Conformément aux objectifs du projet, les données collectées seront analysées et documentées afin de contribuer à l’élaboration d’un plan concerté de renforcement des capacités et de redynamisation des cadres de concertation dans les quatre préfectures ciblées.
Les orientations envisagées concernent notamment le renforcement des compétences des membres, l’amélioration de l’organisation et du fonctionnement des cadres, la participation effective des femmes et des jeunes, le dialogue entre les parties prenantes et la vulgarisation de la Convention de développement local.
Le rapport de mission permettra de consolider les informations recueillies et de partager les principaux constats avec les parties prenantes du projet, afin d’orienter les actions futures.
Une dynamique collective pour une gouvernance minière plus inclusive
À travers cette initiative, le consortium réaffirme l’importance du dialogue communautaire et de la participation citoyenne dans la gestion des enjeux liés à l’exploitation minière en Guinée.
La redynamisation des cadres de concertation nécessite des structures fonctionnelles et représentatives, capables de faire entendre les préoccupations des communautés et de favoriser des échanges constructifs entre les différents acteurs.
Une attention particulière devra être accordée à la participation des femmes, afin que leur présence dans ces espaces se traduise par une contribution réelle aux discussions et aux décisions.
En renforçant les cadres de concertation et en promouvant la participation des femmes aux mécanismes de dialogue, cette initiative entend contribuer à une gouvernance minière plus participative, à un développement local mieux concerté et à des relations plus constructives entre les communautés et les entreprises minières.
Responsable Communication
Oumar Barry